French Tech Leaders Debate US Expansion as AI Reshapes European Startups
Stripe
L'écosystème tech français doit développer un marché boursier européen et s'imposer mondialement via l'IA pour éviter la vente systématique de ses pépites aux acquéreurs américains.
## Background
Cette vidéo a été publiée par la chaîne Stripe sur YouTube le 28 mai 2026. Selon la description de la page, elle réunit autour d'un déjeuner des figures clés de l'écosystème entrepreneurial français pour célébrer les dix ans de l'implantation de Stripe en France et échanger sur sa transformation passée et future.
## TL;DR
Les intervenants retracent vingt ans de mutation de la Tech française, depuis une époque où la création d'entreprise était peu valorisée jusqu'à la maturité actuelle de l'écosystème. Ils explorent l'impact massif de l'intelligence artificielle et des agents sur la productivité des entreprises, tout en abordant les défis liés au financement des phases avancées (late stage). Enfin, le débat s'oriente vers les stratégies d'expansion internationale, le dilemme de la relocalisation des fondateurs aux États-Unis et l'enjeu primordial de la souveraineté technologique européenne.
## Atmosphere & style
La discussion adopte un ton détendu, collégial et empreint d'humour, propre à une conversation conviviale entre pairs autour d'un repas. Les anecdotes personnelles — des débuts artisanaux au lycée jusqu'aux négociations avec de grands fonds américains — apportent une touche chaleureuse et authentique. L'ambiance oscille entre une fierté lucide face au chemin parcouru par la Tech française et des débats animés mais bienveillants sur l'avenir et l'ambition internationale.
## Key takeaways
- [00:51](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=51s) Au début des années 2000, la création d'entreprise était très peu valorisée dans les grandes écoles françaises, où le parcours idéal consistait à rejoindre de grands groupes du CAC 40.
- [00:51](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=51s) L'écosystème tech français a connu un tournant majeur vers 2010-2011 avec l'émergence d'incubateurs et d'accélérateurs comme Le Camping ou Seedcamp.
- [04:20](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=260s) Le véritable décollage du Venture Capital (VC) en France s'est opéré autour de 2016, fortement soutenu par la BPI, la Caisse des Dépôts et les initiatives nées du « Mouvement des Pigeons ».
- [04:20](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=260s) L'absence d'un marché boursier européen suffisamment dynamique et le manque de financements en late stage créent un risque de revente systématique des pépites technologiques françaises à des acquéreurs américains.
- [11:06](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=666s) L'adoption des outils d'IA générative permet d'obtenir des gains de productivité immédiats de 30 % à 50 % au sein des entreprises.
- [11:06](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=666s) Interdire ChatGPT ou les LLM en entreprise s'avère contre-productif et pousse les collaborateurs vers le « Shadow AI », augmentant ainsi les risques de sécurité.
- [14:10](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=850s) L'usage des modèles d'IA a évolué rapidement, passant de la simple recherche d'information (Q&A/RAG) à des agents autonomes capables d'exécuter des requêtes complexes via le protocole MCP.
- [16:15](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=975s) Chez OneRagtime, l'automatisation du suivi de portefeuille et des tâches administratives par des agents IA a généré un gain de productivité de 40 % en un an.
- [16:15](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=975s) Malgré l'automatisation de l'analyse, la prise de décision d'investissement en amorçage (Seed / Série A) repose toujours sur l'intuition et l'évaluation humaine des fondateurs.
- [18:21](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=1101s) L'IA transforme les métiers en faisant passer les collaborateurs d'un rôle d'exécution directe à un rôle de concepteurs de systèmes et de gestionnaires d'agents.
- [21:12](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=1272s) Chez Wecasa, la mise en place d'outils d'IA comme Intercom Fin permet de résoudre automatiquement plus de 60 % des tickets de support client.
- [25:26](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=1526s) Il est préférable pour une startup de démarrer son expansion internationale tôt, parfois en pilotant l'activité à l'étranger de manière centralisée avec des équipes multilingues basées au siège.
- [28:32](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=1712s) La nécessité de relocaliser un fondateur aux États-Unis pour réussir à l'international fait débat, plusieurs licornes européennes ayant réussi mondialement tout en conservant leur direction en Europe.
- [33:30](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=2010s) Travailler au sein de géants technologiques américains contribue à désinhiber les fondateurs français face à la concurrence internationale et aux talents de la Silicon Valley.
- [33:30](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=2010s) La souveraineté numérique ne consiste pas à créer des produits uniquement réservés au marché local, mais à concevoir en France des solutions de classe mondiale capables de s'imposer à l'échelle globale.
- [40:01](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=2401s) Les technologies émergentes comme le quantique et l'IA représentent les nouveaux piliers majeurs de la souveraineté et de la puissance stratégique des nations.
## Detailed walkthrough
### [00:51](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=51s) L'émergence et la maturation de l'écosystème Tech français
Les invités reviennent sur les débuts de l'écosystème entrepreneurial en France et la profonde mutation culturelle survenue ces vingt dernières années. Pierre André, cofondateur de Wecasa, se remémore le début des années 2000, une époque où la création d'entreprise n'était absolument pas valorisée dans les grandes écoles. Le parcours idéal se résumait alors à rejoindre un grand groupe du CAC 40 à La Défense, la Société Générale attirant les éléments les plus brillants. Le déclic s'est produit vers 2010-2011 alors qu'il travaillait dans la vente de matériel informatique: constatant que son secteur ne jurait que par le « bon vieux temps » et semblait figé dans sa normalisation, il a choisi de bifurquer vers les startups en rejoignant Quelle Énergie en 2011, avant d'en cofonder une nouvelle avec les mêmes associés en 2015. Vingt ans plus tard, le paysage n'a plus rien à voir: l'ambition, les moyens financiers et la culture entrepreneuriale se sont démultipliés, chaque génération de fondateurs s'appuyant sur les réussites de la précédente.
De son côté, Stanislas Polu, cofondateur de Dust, raconte avec humour ses débuts très artisanaux au lycée à Paris. Bien loin du garage californien mythique, sa première aventure entrepreneuriale — un service de stockage en ligne baptisé « Mon Disque en Ligne », créé à l'époque des clés USB — a vu le jour dans un grand appartement du 8ᵉ arrondissement. Le serveur, branché derrière une Freebox dans le salon, a fonctionné jusqu'au jour où la femme de ménage l'a débranché sans qu'il ne soit jamais rallumé. Après un passage chez Oracle, Stanislas a relancé un projet en 2007-2008 avec son associé Gabriel. C'est à ce moment-là, avec l'émergence d'initiatives comme Le Camping à Paris ou Seedcamp au Royaume-Uni (dans le sillage de Y Combinator aux États-Unis), qu'il a véritablement ressenti un tournant culturel dans la capitale.
* Le rêve des diplômés d'écoles de commerce au début des années 2000 était de rejoindre La Défense et les banques comme la Société Générale.
* Pierre André a rejoint la startup Quelle Énergie en 2011 avant de cofonder Wecasa en 2015.
* Le projet lycéen de Stanislas Polu, « Mon Disque en Ligne », s'est définitivement arrêté le jour où la femme de ménage a débranché le serveur de l'appartement.
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[04:20](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=260s) Le financement, le rôle de la BPI et les limites du Capital-Risque
Stéphanie Hospital, fondatrice et CEO de OneRagtime et vice-présidente de France Digitale, retrace l'évolution du financement de l'innovation. En 2010, alors chez Orange, elle découvre le monde tech en négociant des partenariats avec les géants du Web et les plateformes naissantes (Google, Microsoft, Twitter, Facebook, Wikipédia). C'est le rachat massif de participations dans des pépites européennes comme Dailymotion ou Deezer qui lui donne le déclic pour devenir investisseuse, concluant l'aventure Dailymotion par une revente à Vivendi. Elle rappelle que le véritable décollage du Venture Capital (VC) en France s'est opéré autour de 2016, propulsé par la BPI, la Caisse des Dépôts, mais aussi par le « Mouvement des Pigeons » qui a mené à la création de France Digitale pour réclamer une fiscalité incitative.
La discussion s'oriente ensuite sur le paradoxe français: malgré une excellence académique incontestable (Polytechnique, Centrale), de superbes infrastructures et une épargne abondante, le capital-risque local reste parfois perçu comme mesuré ou insuffisant par rapport aux enjeux. Stanislas Polu nuance ce constat en soulignant que la traction d'un bon projet dépasse les frontières: les fondateurs parviennent sans difficulté à lever des fonds à l'étranger si nécessaire. En revanche, Pierre André et Stéphanie soulignent un réel manque au niveau des étapes ultérieures de financement (late stage) et de la bourse européenne, incapable pour l'instant d'accueillir les géants de la tech. Il en résulte un risque d'aboutir à une vente systématique des pépites françaises à des acquéreurs américains.
* Le « Mouvement des Pigeons » a donné naissance à l'organisation France Digitale, qui défend l'écosystème startup.
* Plusieurs dispositifs fiscaux et sociaux ont soutenu l'entrepreneuriat: le Crédit d'Impôt Recherche (CIR), le statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI), la réduction des charges sociales et la Flat Tax.
* Les intervenants déplorent l'absence d'un marché boursier européen suffisamment dynamique pour soutenir les géants technologiques en phase de maturité, poussant souvent aux rachats américains.
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[11:06](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=666s) L'adoption de l'IA dans les entreprises : urgence, productivité et choc culturel
Abordant le sujet incontournable de l'intelligence artificielle et de la vague des agents, Stéphanie Hospital dresse un constat critique mais sans détour sur l'attitude des grands groupes européens. Elle estime que ces derniers n'ont pas encore pris la pleine mesure des transformations en cours aux États-Unis et en Chine et se montrent beaucoup trop frileux. Face aux cadres qui se vantent d'interdire ChatGPT au sein de leurs équipes, elle rappelle l'absurdité d'une telle posture: les collaborateurs l'utilisent de toute façon de manière informelle, exposant l'entreprise à des risques de sécurité accrus faute d'un cadre sécurisé fourni par la direction.
Elle appelle instamment la commande publique et privée à faire confiance aux startups de l'IA — à l'image des solutions développées par Dust — pour intégrer des outils sécurisés tout en capturant des gains de productivité massifs. Stéphanie cite à ce titre l'exemple de fintechs américaines à croissance fulgurante comme Ramp (front de compétition directe ou complémentaire pour des acteurs comme Stripe), rappelant qu'il faut investir tôt dans ces acteurs disruptifs pour capter la création de valeur sur 5 à 10 ans.
> "Aujourd'hui on a des gains de productivité de 30, 40, 50 %. Je pense que c'est voir plus... Cette vague, c'est une lame de fond."
* Les gains de productivité observés dans l'adoption de l'IA atteignent déjà 30 % à 50 % selon les usages.
* Interdire les LLM en entreprise pousse les salariés vers le "Shadow AI", créant des failles de sécurité bien pires que l'adoption d'outils d'entreprise sécurisés.
* La réussite d'un fonds de Corporate Venture exige une vision de 5 à 10 ans, là où beaucoup d'initiatives périclitent à cause de la rotation des dirigeants tous les 2 ou 3 ans.
[14:10](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=850s) L'évolution de l'IA chez Dust : du RAG aux agents autonomes et au protocole MCP
L'usage des modèles d'IA a profondément changé à mesure que leurs capacités ont progressé. Il y a seulement deux ans, au pic de la vague du RAG (Retrieval-Augmented Generation), l'utilisation se limitait principalement à de la simple recherche d'information interactive (Q&A), comme demander la politique de vacances d'une entreprise pour obtenir une réponse instantanée. Avec le post-entraînement des modèles, les capacités dites « agentiques » ont émergé, ouvrant la voie à des requêtes bien plus complexes. Désormais, un utilisateur peut demander à un agent de réaliser une étude de marché complète sur un segment de concurrents et d'envoyer une notification 45 minutes plus tard une fois le travail achevé.
Cette transformation s'accélère grâce à l'adoption de standards comme le protocole MCP (Model Context Protocol), qui normalise la façon dont les agents interagissent avec les API existantes. On passe ainsi d'une phase de simple interrogation à une phase d'action concrète: les agents peuvent rédiger des documents, mettre à jour des feuilles de calcul ou alimenter des CRM de manière autonome.
> "Aujourd'hui, les cas d'usage sont beaucoup plus complexes... On passe de poser juste une question pour avoir une réponse rapide à: 'Fais-moi une étude de marché sur l'ensemble des concurrents sur ce segment de produits sur internet et pinge-moi dans 45 minutes quand tu auras fini.'"
* **2 ans d'écart:** Passage de la simple interrogation (Q&A/RAG) à des processus autonomes de plusieurs dizaines de minutes.
* **Protocole MCP:** Permet la connexion directe des agents aux API et outils opérationnels (spreadsheets, CRM, documentation).
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[16:15](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=975s) Automatisation chez OneRagtime et l'impact de l'IA sur le métier d'investisseur
Chez OneRagtime, l'automatisation par les agents d'IA est devenue centrale pour la gestion du portefeuille. Le suivi quotidien d'une quarantaine de sociétés représentait auparavant une charge administrative très lourde pour un fonds d'investissement. En confiant la collecte et le reporting des données à des agents gérés par leur équipe tech, le fonds a réussi à gagner environ 40 % de productivité en un an. Ce gain de temps permet aux équipes de se concentrer sur l'essentiel: les relations humaines avec les entrepreneurs, les investisseurs et les partenaires.
Malgré ces gains d'efficacité, l'IA ne remplace pas l'intuition nécessaire à l'investissement en amorçage (Seed) et en Série A. À ce stade, la décision repose avant tout sur l'évaluation des équipes, de la personnalité des fondateurs et de la dynamique entre associés — des facteurs qu'aucun algorithme ne sait aujourd'hui prédire sans réintroduire de biais. L'IA pousse plutôt les investisseurs à cultiver leurs qualités purement humaines, comme l'empathie, le sens relationnel et l'instinct.
* **40 % de gain de productivité** constaté en un an chez OneRagtime grâce à l'intégration d'agents d'IA dans les processus internes.
* **40+ sociétés suivies:** L'automatisation concerne principalement le suivi et le reporting administratif des entreprises du portefeuille.
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[18:21](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=1101s) Démultiplication des talents et transformation du rôle des développeurs
L'intelligence artificielle agit comme un puissant multiplicateur de potentiel: elle permet à un collaborateur très talentueux de devenir 100 fois plus productif, mais elle amplifie également l'impact négatif et les erreurs d'une personne moins performante (le *blast radius*). Pour compenser ce risque et tirer parti des agents, les entreprises doivent drastiquement augmenter leur densité de talent. Le travail ne consiste plus seulement à exécuter une tâche manuelle, mais à concevoir le système et les agents qui vont exécuter cette tâche.
Cette évolution transforme profondément les métiers, notamment celui de développeur, et soulève la question de la formation des plus jeunes. Les qualités requises pour piloter des agents s'appuient sur des années d'expérience pratique acquises « à la main », ce qui rend le parcours d'apprentissage des profils juniors plus complexe. Côté produit, la prise en main d'agents permet de prototyper des idées de fonctionnalités en seulement une heure sans solliciter d'ingénieurs. Cependant, cette facilité d'exécution impose un nouvel arbitrage: il ne faut pas tout développer simplement parce que c'est devenu possible, afin d'éviter le piège de la surproduction de fonctionnalités inutiles.
> "Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités... Tu es en train de transformer toutes les fonctions d'un mode de 'juste je fais la tâche' à un mode où 'je construis le système qui va permettre de faire la tâche'."
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[21:12](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=1272s) Le support client et la gestion de l'IA au quotidien chez Wecasa
Créée en 2015 — bien avant l'émergence de ChatGPT fin 2022 —, la société Wecasa intègre l'IA au cœur de ses opérations, notamment pour le support client. Grâce à des outils comme Intercom Fin connectés aux systèmes internes, plus de 60 % des tickets de support sont désormais résolus de manière autonome par l'IA. Si les premières versions donnaient des résultats satisfaisants dans 80 % des cas (laissant 20 % de réponses défaillantes), la qualité actuelle des intégrations offre un niveau de réponse particulièrement élevé.
En interne, Wecasa utilise Dust pour interroger l'ensemble de ses données d'entreprise et fluidifier le travail des équipes. Cependant, l'adoption de l'IA exige une posture prudente: l'IA se comporte souvent comme une « armée de stagiaires », très assertive et convaincue d'avoir la bonne réponse, mais susceptible de commettre des erreurs par manque de contexte. L'enjeu pour les entreprises réside dans l'acculturation des équipes, qui doivent apprendre à cadrer le besoin en amont et vérifier le « dernier kilomètre » en aval, plutôt que de prendre aveuglément les conclusions générées par les modèles pour des certitudes.
* **2015:** Création de Wecasa (avant la vague ChatGPT de fin 2022).
* **+60 % des tickets support** résolus automatiquement via l'IA chez Wecasa.
* **Utilisation de Dust:** Connexion aux données internes pour répondre aux questions métiers et tester rapidement de nouvelles fonctionnalités produit.
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[25:26](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=1526s) L'expansion internationale de Wecasa depuis Paris
L'ambition internationale faisait partie de l'ADN de Wecasa dès le premier jour, bien que les projets initiaux d'expansion prévus pour mars 2020 aient été perturbés par le contexte sanitaire. Le service de prestations à domicile (ménage, coiffure, bien-être) repose sur un besoin universel qui s'applique aussi bien en région française qu'à l'étranger. L'entreprise a ainsi lancé ses activités au Royaume-Uni en 2021 — réputé pour être un marché exigeant —, puis en Allemagne l'année suivante.
Toute l'expansion internationale de Wecasa a été pilotée de manière centralisée depuis les bureaux de Paris, sans ouvrir de filiales ni de locaux sur place. En recrutant des équipes natives (anglophones et germanophones) basées à Paris, la société a conservé une structure de coûts légère et une grande agilité opérationnelle. Pour réussir à l'international, il est essentiel de se lancer tôt: attendre d'être parfaitement mature sur son marché national risque de tuer la dynamique, car le volume d'un nouveau pays paraît dérisoire par rapport au marché historique et l'énergie des équipes a naturellement tendance à se focaliser sur le business principal.
* **Mars 2020:** Date initiale prévue pour le lancement international (repoussé en raison de la pandémie).
* **2021:** Lancement du premier marché étranger au Royaume-Uni.
* **2023:** Expansion sur le marché allemand.
* **Modèle 100 % centralisé:** Pilotage complet des opérations internationales depuis Paris grâce à des équipes multilingues intégrées au siège.
Here is a detailed, faithful walkthrough of the transcript section.
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[28:32](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=1712s) Expanding Internationally: Early Mandate vs. Local Grounding
The discussion centers on when and how tech startups should address international expansion. Pierre André notes that at Wecasa, a major shift occurred in 2021 when every internal service began systematically asking how operations should function across different countries. He emphasizes that waiting too long makes internationalization exponentially harder, advising founders not to delay unnecessarily. Stéphanie Hospital strongly agrees, noting that at OneRagtime they only invest in entrepreneurs who possess an international mindset right from day one—even if they launch initially on the French market. Looking ahead, she predicts a shift toward thinking in distinct geopolitical and geographic zones (such as a unified European market versus the US), particularly for AI companies where market dynamics and potential acquirers differ significantly.
Stéphanie asserts that true international scale often requires one of the co-founders to physically relocate to the target country (e.g., moving to the United States to build the business). This assertion sparks a fiery and humorous debate, with Stanislas Polu bluntly rejecting the notion, calling it an "investor cliché" pushed by every VC that does not hold up against real-world successes.
- Stanislas points out that iconic global giants like Spotify, ElevenLabs, and Lovable succeeded without their founders relocating to the US: "Quand ça marche, ça marche" (when it works, it works).
- Stanislas jokingly reveals the immense pressure from Sequoia Capital and Index Ventures asking when the Dust co-founders are moving to SF, lightheartedly describing co-founder Gabriel Hubert as being in a "quantum superposition between France and the United States."
- Stéphanie counters with portfolio examples like Jellysmack, Shotgun, and Groover that shifted dimension after moving executives to New York, stressing that future geopolitical friction and US-heavy exit/consolidation environments make having a US-based founder a rational play.
- Pierre highlights the importance of the "28th regime" initiative championed by France Digitale to create a unified legal and operational playground across Europe.
[33:30](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=2010s) Stanislas Polu’s Stripe Journey, Totem, and Global Ambition
The conversation turns to Stanislas's background and his deep connection to the American tech ecosystem. The host highlights that Stanislas studied and worked in the US, including a pivotal 5-year tenure at Stripe. Stanislas shares the origin story of his first startup, Totem, co-founded with Gabriel Hubert. After several pivots, Totem built an analytics platform for Instagram and became Stripe's very first European customer ("user number 1 in Europe").
Stripe eventually acquired Totem in an early acqui-hire deal—one of Stripe's first-ever acquisitions. Stanislas recounts how they initially received a job offer from Pinterest, but preferred Stripe because they were passionate "fanboys." Although John and Patrick Collison initially hesitated due to the complexities of acquiring an entity with a UK topco, they decided to take the risk. Stanislas joined Stripe when it had only about 150 employees.
- When asked if he would move back to San Francisco, Stanislas admits it would be personally enjoyable (his son is American), but moving Dust's core engineering base out of France would be overly disruptive.
- Stanislas explains that working inside a top US tech giant stripped away his "French complex" regarding American talent: "Les Américains n'ont rien de spécial et on est aussi fort qu'eux" (Americans have nothing special and we are just as strong as they are).
- He defines Dust's approach to tech sovereignty not as retreating into a regional shell ("making a French product for French people"), but as building a world-class French solution that goes out to "crush the global market."
[38:00](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=2280s) Venture Capital, Public Funding, and Capital Allocation in Europe
Addressing the availability of capital in Europe, the host asks what structural improvements could help French and European startups access growth capital faster. Stéphanie Hospital argues that compared to a decade ago, the cost of starting a tech company has plummeted thanks to AI and accessible infrastructure, making early-stage execution far more capital-efficient.
She believes the biggest bottleneck in Europe is often the mindset limit that founders place on themselves rather than a pure lack of capital. While public authorities constantly complain about a shortage of capital, massive mega-rounds are already happening in France—pointing to the $1 billion seed round raised at a $3.5 billion valuation by Kyutai (associated with Yann LeCun and Alexandre Lebrun).
- Stéphanie advocates for empowering private savers and institutional funds rather than relying solely on state intervention.
- She notes the US advantage where university endowments pour billions into venture capital to fund startups.
- She draws a distinction between public procurement and private investment, arguing that private capital is often utilized more efficiently for scaling commercial startups.
[40:01](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=2401s) Ten-Year Outlook and Closing Thoughts
As the host jokingly offers to pay the lunch bill (and the guests tease each other about forgetting their wallets and phones), the discussion wraps up with each panelist sharing their vision for the next ten years of French and European tech.
Stanislas Polu calls on the state to back emerging technologies beyond AI, explicitly highlighting quantum mechanics and continuous computing as the next critical battlegrounds where technology equals global power. Stéphanie Hospital echoes this sentiment, drawing a historical parallel to General de Gaulle establishing France's nuclear deterrence program; today, digital, quantum, and AI infrastructure form the essential foundation of national sovereignty.
Pierre André closes with a grounded perspective from Wecasa, expressing pride in the real-world economic impact of enabling over 20,000 independent home-services professionals to earn a living every year. His goal for the decade ahead is to build lasting European market leaders directly out of France, rather than merely building startups designed to be sold off to American acquirers.
- Stanislas summarizes Dust's immediate goal with a playful callback to the company name: "Plus de poussière!" (More dust!).
- The host thanks Stanislas Polu, Stéphanie Hospital, and Pierre André, bringing the decade-retrospective lunch conversation to a close.
## Notable quotes
> [11:06](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=666s) Aujourd'hui on a des gains de productivité de 30, 40, 50 %. Je pense que c'est voir plus... Cette vague, c'est une lame de fond. — Stéphanie Hospital
> [14:10](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=850s) Aujourd'hui, les cas d'usage sont beaucoup plus complexes... On passe de poser juste une question pour avoir une réponse rapide à: 'Fais-moi une étude de marché sur l'ensemble des concurrents sur ce segment de produits sur internet et pinge-moi dans 45 minutes quand tu auras fini.' — Stanislas Polu
> [18:21](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=1101s) Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités... Tu es en train de transformer toutes les fonctions d'un mode de 'juste je fais la tâche' à un mode où 'je construis le système qui va permettre de faire la tâche'. — Stanislas Polu
> [28:32](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=1712s) Quand ça marche, ça marche — Stanislas Polu
> [33:30](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=2010s) Les Américains n'ont rien de spécial et on est aussi fort qu'eux — Stanislas Polu
> [40:01](https://www.youtube.com/watch?v=Jq-Rf0LsIq8&t=2401s) Plus de poussière! — Stanislas Polu
## Mentioned
Alexandre Lebrun, BPI, CAC 40, Caisse des Dépôts, Centrale, ChatGPT, Dailymotion, Deezer, Dust, ElevenLabs, Facebook, France Digitale, Freebox, Google, Groover, Index Ventures, Intercom Fin, Jellysmack, Gabriel Hubert, Kyutai, Le Camping, Lovable, Microsoft, OneRagtime, Orange, Oracle, Pinterest, Polytechnique, Quelle Énergie, Ramp, Seedcamp, Sequoia Capital, Shotgun, Société Générale, Spotify, Stripe, Totem, Twitter, Vivendi, Wecasa, Wikipédia, Y Combinator, Yann LeCun, Pierre André, Stanislas Polu, Stéphanie Hospital
En deux décennies, l'écosystème technologique français est passé d'une culture d'aversion au risque à une maturité capable de rivaliser à l'international, portée par l'accélération de l'intelligence artificielle agentique. Selon les intervenants réunis par Stripe, pérenniser cet élan suppose toutefois de dépasser les frilosités corporatives face à l'IA, de combler le déficit de capitaux en phase avancée et d'assumer une ambition commerciale globale sans complexe d'infériorité.
Évolution culturelle et goulets d'étranglement financiers (4:20)
Pierre André (Wecasa) et Stanislas Polu (Dust) rappellent qu'au début des années 2000, l'entrepreneuriat était largement dévalorisé dans les grandes écoles au profit des banques et groupes du CAC 40. L'écosystème a pris son essor à partir de 2012-2016, sous l'impulsion du « Mouvement des Pigeons », de la création de France Digitale, de la BPI et de leviers fiscaux comme le Crédit d'Impôt Recherche, le statut JEI et la Flat Tax. Les coûts de création d'entreprise ont drastiquement diminué et de très grands tours de table sont désormais possibles en France, à l'image du tour d'amorçage de Kyutai de 1 milliard de dollars à une valorisation de 3,5 milliards.
Néanmoins, Stéphanie Hospital (OneRagtime) et Pierre André identifient un écueil structurel majeur : l'absence d'un marché boursier européen dynamique et le déficit de capitaux pour les phases de croissance tardive (*late stage*). Cette faiblesse incite fréquemment les fondateurs à céder leurs entreprises à des acquéreurs américains, faute d'alternatives de liquidité comparables sur le continent européen.
Du RAG aux agents autonomes opérationnels (11:06)
Stanislas Polu explique qu'en l'espace de deux ans, l'usage des modèles linguistiques a évolué de la simple recherche d'information (Q&A/RAG) à des flux agentiques autonomes capables de traiter des tâches complexes de plusieurs dizaines de minutes. Cette mutation s'appuie notamment sur des standards ouverts comme le protocole MCP (Model Context Protocol), qui permet aux agents de manipuler directement des tableurs, documents et outils CRM d'entreprise.
Stéphanie Hospital estime que ces technologies génèrent déjà des gains de productivité de 30 % à 50 %. OneRagtime a par exemple amélioré l'efficacité du suivi de ses 40 sociétés en portefeuille de 40 % en un an grâce à l'automatisation, tandis que Wecasa traite plus de 60 % de ses tickets de support client de manière autonome. Hospital dénonce vivement l'attitude des grands groupes européens qui interdisent les LLM, soulignant qu'une telle posture alimente un usage informel à risque (*Shadow AI*) au lieu de s'équiper de solutions sécurisées fournies par des startups.
Densité de talent et gouvernance algorithmique (18:21)
L'intelligence artificielle transforme en profondeur l'organisation du travail en agissant comme un multiplicateur : elle décuple l'impact des profils expérimentés, mais étend également la portée des erreurs (*blast radius*) commises par les profils moins performants. Stanislas Polu souligne que les fonctions techniques et produit ne consistent plus seulement à exécuter une tâche unitaire, mais à concevoir le système d'agents qui l'accomplira. Cette mutation pose un défi pour la formation des développeurs juniors, qui doivent apprendre à piloter des abstractions sans avoir nécessairement acquis les bases manuelles du métier.
Face à des modèles souvent comparés à une « armée de stagiaires » très affirmative mais manquant parfois de contexte, Pierre André rappelle la nécessité d'une supervision humaine rigoureuse en début et fin de chaîne. Par ailleurs, la capacité de prototyper des fonctionnalités en une heure sans développeur impose une discipline produit stricte afin d'éviter le piège de la prolifération de fonctionnalités inutiles.
Conquête mondiale et souveraineté technologique (28:32)
Les intervenants débattent des modalités d'expansion internationale. Stéphanie Hospital estime que s'imposer à l'échelle mondiale, notamment aux États-Unis, exige généralement l'expatriation d'un des cofondateurs, tout en soutenant l'initiative du « 28ᵉ régime » pour unifier le marché européen. À l'inverse, Stanislas Polu rejette ce dogme en citant des réussites mondiales comme Spotify, ElevenLabs ou Lovable, dont les fondateurs sont restés en Europe, affirmant que Dust conserve son ingénierie à Paris sans freiner sa conquête globale. De son côté, Wecasa a réussi son internationalisation au Royaume-Uni (2021) puis en Allemagne (2023) en centralisant entièrement ses équipes natives au siège parisien.
Stanislas Polu souligne que son parcours chez Stripe a dissipé tout complexe face aux talents américains. Pour lui et Stéphanie Hospital, la véritable souveraineté technologique ne réside pas dans le repli sur un marché local, mais dans la création de champions industriels capables de dominer la concurrence mondiale dans l'IA, le quantique et le calcul continu.
Les intervenants s'accordent sur le fait que la souveraineté technologique européenne passera par l'émergence de leaders internationaux durables plutôt que par des cibles de rachat pour les géants américains. La question reste toutefois ouverte quant à la capacité de l'Europe à mobiliser son épargne privée et institutionnelle et à créer des marchés boursiers suffisamment profonds pour financer ses champions sans dépendre des capitaux d'outre-Atlantique.
[11:06] Stéphanie Hospital: Aujourd'hui on a des gains de productivité de 30, 40, 50 %. Je pense que c'est voir plus... Cette vague, c'est une lame de fond.
[14:10] Stanislas Polu: Aujourd'hui, les cas d'usage sont beaucoup plus complexes... On passe de poser juste une question pour avoir une réponse rapide à: 'Fais-moi une étude de marché sur l'ensemble des concurrents sur ce segment de produits sur internet et pinge-moi dans 45 minutes quand tu auras fini.'
[18:21] Stanislas Polu: Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités... Tu es en train de transformer toutes les fonctions d'un mode de 'juste je fais la tâche' à un mode où 'je construis le système qui va permettre de faire la tâche'.
[28:32] Stanislas Polu: Quand ça marche, ça marche
[33:30] Stanislas Polu: Les Américains n'ont rien de spécial et on est aussi fort qu'eux
[40:01] Stanislas Polu: Plus de poussière!
Original transcript
[0:00] [musique]
[0:01] faire une entreprise grâce à l'IA, tu as
[0:03] pas besoin de beaucoup de capitaux pour
[0:05] redémarrer.
[0:05] Les meilleures boîtes n'ont pas vu leur
[0:07] [musique] fondateur bouger. Toute la
[0:08] question, c'est de réussir à faire la
[0:09] part des choses entre les dernières
[0:10] tendances, les dernières modes.
[0:12] Pour les 10 ans de l'ouverture de nos
[0:13] tout premiers bureaux en France, nous
[0:15] avons convié des personnalités qui ont
[0:17] façonné l'écosystème tech français à
[0:19] venir nous raconter leur histoire et à
[0:21] nous partager leur vision du chemin
[0:22] qu'il reste à parcourir.
[0:24] Tu retournerais là ?
[0:25] Ce serait une mauvaise décision pour
[0:26] pour Dust. Je pense que l'international,
[0:27] il faut y aller assez vite pour cranter
[0:29] une culture et je pense que si tu le
[0:30] fais tard, c'est beaucoup plus
[0:31] difficile.
[0:32] Aujourd'hui, on a des gains de
[0:33] productivité de 30 40 50 %.
[0:36] Au programme, l'émergence de
[0:38] l'écosystème tech, les sorts de l'IA et
[0:40] des agents et l'expansion internationale
[0:42] des entreprises françaises. Le tout
[0:44] autour d'un déjeuner d'anniversaire.
[0:49] [musique]
[0:51] J'ai commencé ma carrière à une époque
[0:53] où il y avait pas de start-up et même
[0:54] quand j'ai fait moi mes études, donc
[0:55] j'avais fait une école de commerce,
[0:57] personne ne sortait en créant une
[0:59] entreprise. À mon époque, donc c'était
[1:00] au début des années 2000, le rêve de
[1:02] tout le monde c'était d'aller travailler
[1:03] à la défense dans des grands groupes du
[1:04] CA 40 et c'était les meilleurs élèves
[1:06] allaient à la société générale, tu vois.
[1:07] Et donc moi, j'ai commencé ma carrière
[1:09] dans le l'écosystème informatique, donc
[1:10] dans la vente de matériel informatique
[1:12] et euh et j'ai vraiment eu ce déclic en
[1:14] fait euh c'était en 2000 vers 2010-211
[1:18] où en fait tous les gens autour de moi
[1:19] de cet écosystème informatique parlaient
[1:21] du bon vieux temps. C'est-à-dire qu'on
[1:23] sentit, j'avais l'impression d'être
[1:24] arrivé dans un écosystème qui était en
[1:26] phase de normalisation et que les les
[1:28] meilleures années étaient derrière. Je
[1:29] me suis dit quand même c'est idiot, je
[1:30] suis jeune, j'ai pas envie d'être
[1:33] quelque chose où les meilleures années
[1:34] sont derrière. Et je me suis dit où
[1:35] est-ce que ça se passe en ce moment ? Et
[1:36] c'était le début de la scène start-up
[1:38] finalement en France. Et donc c'est à ce
[1:39] moment-là où j'ai fait un premier move
[1:41] en en quittant mon job et en rejoignant
[1:43] une première start-up qui s'appelait
[1:45] Quelle Ennergy à l'époque. Donc j'ai
[1:46] rejoint en 2011 qu'on a développé donc
[1:48] avec ses fondateurs jusqu'en 2015 et
[1:51] ensuite on s'est associé avec les
[1:53] fondateurs de C Energie moi et deux
[1:54] autres associés pour créer Wikasa et
[1:57] donc avec cette ambition de créer bah
[1:59] une start-up qui a de l'impact et euh et
[2:02] à travers ces années en voyant à quel
[2:03] point l'écosystème a changé de maturité.
[2:06] C'est-à-dire qu'on voit que ça n'a plus
[2:07] rien à voir. Le niveau d'ambition des
[2:09] entreprises, le niveau de moyen, le
[2:10] niveau de culture. En fait, chacun monte
[2:13] sur les épaules du précédent et on sent
[2:15] à quel point il y a un écosystème qui se
[2:16] crée et à quel point ça prend du temps
[2:18] aussi pour que cet écosystème grandisse.
[2:20] Mais je trouve de ma fenêtre de voilà de
[2:24] 20 ans de carrière, c'est assez
[2:24] enthousiasmant de voir ce qui s'est
[2:26] passé en France et je trouve ça hyper
[2:28] bien pour le le pays, pour l'énergie
[2:30] entrepreneuriale. J'avoue que je suis
[2:31] assez curieuse de savoir toi Stan, ton
[2:33] expérience, est-ce que il y a un moment
[2:35] justement où tu as aussi senti qu'il y
[2:37] avait un truc qui changeait euh alors
[2:39] que ce ça peut être technologique mais
[2:41] ça peut être aussi juste culturel en
[2:43] fait une une envie d'entreprendre,
[2:45] quelque chose qui qui se débloque dans
[2:47] l'esprit des gens. Moi, je suis tombé
[2:48] dans le dans l'envie de créer des
[2:49] projets assez tôt. J'avais créé une
[2:51] boîte au lycée avec un enf pas on peut
[2:54] pas appeler ça une boîte
[2:55] dans un garage. [rires] Alors, c'était
[2:56] pas dans un garage, c'était dans un
[2:57] appartement du 8e.
[3:00] C'est la version parisienne [rires]
[3:02] du garage
[3:03] euh Paris Ouest du garage, mais ça
[3:06] marche aussi. et on avait notre serveur
[3:08] dans le salon de cette de ce bel
[3:10] appartement qui est d'ailleurs un
[3:11] appartement magnifique. J'avais un pote
[3:12] qui avait un appartement magnifique. Euh
[3:14] on avait créé un petit système qui
[3:15] s'appelait mon disque en ligne et qui
[3:16] permettait de stocker des fichiers en
[3:18] ligne à l'époque de la clé USB. Et donc
[3:20] les gens comprenaient pas pourquoi
[3:21] est-ce que j'utilisé votre votre système
[3:23] au lieu d'une clé USB. Bon, ça avait
[3:25] marchauté un petit peu mais au final on
[3:26] avait on y connaissait rien. Il y avait
[3:28] pas du tout de support dans l'écosystème
[3:30] pour ce genre de de projet et on a
[3:33] laissé un peu filer le truc. Et je crois
[3:35] que ce qui a donné fin à ce projet là,
[3:36] c'est la femme de ménage de ce
[3:38] magnifique appartement qui a débranché
[3:39] le serveur un jour [rires] et on l'a
[3:40] jamais rallumé.
[3:41] C'est vrai.
[3:42] Mais il était branché derrière une free
[3:43] box et cetera. Donc c'était vraiment, on
[3:44] n'est pas loin du garage he vraiment
[3:46] mais dans un appartement du 8e. Ensuite
[3:49] à la fin de mes études, je j'ai
[3:51] travaillé un peu chez Oracle et je suis
[3:52] revenu à Paris et j'ai voulu relancer un
[3:54] projet avec mon associé actuel
[3:56] d'ailleurs Gabriel. Et je pense que
[3:58] c'est à ce moment-là, donc on devait
[3:59] être en 2007 8 où il y a eu un peu, je
[4:02] trouve moins un mouvement à Paris avec
[4:04] le camping. Il y avait S camp en
[4:06] Angleterre,
[4:07] un c'était dans la vague de l'apparition
[4:10] de YC aux États-Unis et là il y a
[4:12] vraiment une dynamique qui s'est lancée
[4:13] et c'est là où j'ai vraiment moi
[4:14] ressenti que dans l'écosystème en tout
[4:15] cas il y avait il y avait un [musique]
[4:16] tournant.
[4:20] Donc Stéphanie, on a évoqué ce que ça
[4:22] voulait dire d'être entrepreneur au
[4:24] début des années 2010. Euh, il y avait
[4:26] pas grand-chose euh comme
[4:28] infrastructure. Euh, ce que j'aimerais
[4:30] c'est un peu avoir ton point de vue sur
[4:32] ce que ça voulait dire d'être
[4:34] investisseur euh en 2010. À quoi ça
[4:36] ressemblait un peu le paysage euh de
[4:38] ceux qui finançaient l'innovation à ce
[4:41] moment-là et quel rôle toi tu as joué en
[4:45] fait dans cette dans cet écosystème et
[4:46] dans cette structuration ?
[4:48] Alors moi en 2010, j'étais encore du
[4:51] côté des grands groupes puisque j'étais
[4:54] chez Orange et c'est à ce moment là que
[4:56] j'ai découvert la tech,
[4:58] l'entrepreneuriat puisque je me suis
[4:59] retrouvée à devoir faire des
[5:02] partenariats avec des gros acteurs de
[5:03] l'internet, les Google, Microsoft,
[5:06] Twitter, Wikipédia de l'époque qui
[5:07] étaient encore des des entreprises alors
[5:09] pour Twitter, Facebook
[5:12] naissantes hein. Et c'est là aussi où
[5:14] chez Orange, on s'est dit on allait
[5:15] prendre des prises de participation dans
[5:16] des sociétés tech. européenne à fort
[5:19] potentiel de croissance, d'où Daily
[5:20] Motion de 10h. Et donc moi, j'étais de
[5:22] ce côté grand compte, hein, corpo. Euh
[5:26] j'avais aucune idée ce que c'était
[5:27] l'entrepreneuriat, mais à force de
[5:29] côtoyer des entrepreneurs et des
[5:30] investisseurs, je me suis dit "Mais moi
[5:31] aussi j'ai envie d'entreprendre et je
[5:33] vais créer un fond d'investissement."
[5:35] Donc en fait moi mon histoire
[5:36] d'investisseur, ça a démarré
[5:38] effectivement en 2012 avec Daily Motion
[5:41] et un investissement massif qu'on avait
[5:43] fait du côté d'Orange dans Daily Motion
[5:45] qui ensuite a été racheté par Vivendy.
[5:47] C'était une très belle histoire de
[5:48] financement pour Daily Motion et aussi
[5:51] un très beau retour financier pour
[5:53] Orange. Et ça ça m'a donné envie de
[5:55] créer. Donc 2015-26,
[5:58] il y a effectivement pas une grande
[6:00] appétence pour le venture et puis ça a
[6:02] vraiment commencé à accélérer très fort
[6:05] à partir de 2016 grâce à tous les
[6:07] efforts qui ont été faits par bah la
[6:09] BPI, la Caise des dépôts, le mouvement
[6:13] des pigeons aussi hein. Je suis
[6:14] aujourd'hui je suis vice-présidente de
[6:15] France digitale en plus de ma casquette
[6:17] bien sûr de CEO et fondatrice de One
[6:20] Rakim mais le France Digital est né du
[6:23] mouvement des pigeons et de cette
[6:25] volonté des entrepreneurs de dire stop
[6:27] arrêtez de taxer laissez-nous
[6:29] entreprendre laissez-nous créer de
[6:31] l'emploi en France et c'est vraiment
[6:33] comme ça que ça a commencé
[6:35] aujourd'hui. Alors avec France Digital,
[6:37] on on est toujours mobilisé pour créer
[6:40] les bonnes conditions et on l'a vu
[6:42] récemment avec les débats sur l'attaque
[6:44] Zucman. Euh un retour en arrière est
[6:46] toujours possible, mais il y a eu un
[6:48] certain nombre de mesures qui ont été
[6:49] faites au niveau français pour pouvoir
[6:52] permettre euh bah de d'entreprendre avec
[6:55] un taux de charge sociale réduit, avec
[6:58] un financement des travaux de recherche
[7:01] grâce au CR, c'est les statuts de jeune
[7:04] entreprise innovantes, c'est aussi la
[7:06] flat taxe. Enfin, je le rappelle parce
[7:08] que quand on investit en fait euh il y a
[7:10] beaucoup de motivations des particuliers
[7:13] et des grands groupes qui viennent euh
[7:15] de cet impact fiscal. Alors c'est c'est
[7:18] pour ça je le redis hein, investissez
[7:21] euh financez les start-ups parce que on
[7:24] a vraiment besoin plus que jamais
[7:26] d'avoir cette notion d'indépendance et
[7:28] de résilience euh de nos start-ups
[7:31] technologiques, hein. La technologie
[7:33] c'est le pouvoir aujourd'hui on le voit
[7:34] d'autant plus en 2026 et pour ça on a
[7:36] besoin de l'épargne. Pour ça, on a
[7:38] besoin de débloquer ces ces
[7:41] investissements et la fiscalité fait
[7:43] partie des leviers. On a fait un grand
[7:45] bout du chemin mais euh le plus long
[7:47] reste à faire hein. C'est comme en
[7:48] montagne, c'est on a fait on a passé le
[7:50] premier col mais maintenant faut euh
[7:52] faut euh aller jusqu'au sommet.
[7:54] Ce qui est intéressant dans ce que vous
[7:55] dites, c'est que c'est essentiellement
[7:56] un mouvement qui est venu en fait de la
[7:57] base. C'est pas forcément quelque chose
[8:00] qui est venu d'en haut. C'est qu'ensuite
[8:01] qu'il y a une forme
[8:02] d'institutionnalisation mais qui a sans
[8:03] doute pu aider parce que ça a rendu
[8:06] peut-être votre travail plus acceptable
[8:07] socialement. Ça ça a peut-être changé
[8:09] des choses le fait que le numérique
[8:11] prenne autant de place dans le discours
[8:12] public. Oui, et peut-être n'oublions
[8:14] pas, alors Stéphanie en parlera mieux
[8:15] que moi, mais l'importance du
[8:16] financement. C'est-à-dire que pour que
[8:18] tout ça soit possible, il a quand même
[8:19] fallu qu'on invente le Capital risque en
[8:21] France qui à ma connaissance n'existait
[8:23] quasiment pas avant. Et cette capacité à
[8:25] se dire on va investir dans des
[8:26] entreprises déficitaires pendant
[8:27] quelques années pour ensuite créer des
[8:28] leaders, c'est nouveau et ça à ma
[8:32] connaissance c'est aussi venu un peu
[8:33] d'en haut et du rôle de la BPI, du rôle
[8:35] des pouvoirs publics d'investir de
[8:36] l'argent et de à travers les fonds
[8:38] d'investissement de rendre ça possible.
[8:40] Et c'est ça qui a quand même
[8:41] fondamentalement changé, c'est notre
[8:42] capacité à avoir des moyens et de
[8:44] l'ambition, je pense.
[8:45] Mais là-dessus, enfin je comprends bien
[8:47] ton point, mais c'est vrai que on est
[8:48] quand même plutôt réputé pour avoir des
[8:50] capitaux qui sont pas forcément ultra
[8:52] abondants sur les start-ups, même encore
[8:53] aujourd'hui. Si on regarde les chiffres
[8:55] de la Frenchtech, c'est encore assez
[8:58] calme, disons. Et du coup, je trouve
[9:00] qu'on a un peu notre paradoxe français
[9:01] de excellence des talents, excellence
[9:04] académique avec les maths,
[9:06] polytechnique, central et cetera. On a
[9:09] des infrastructures d'hyper haut niveau.
[9:11] Euh on a beaucoup d'épargne en France
[9:13] mais au final le enfin du coup tout ça
[9:15] n'est pas dirigé ou en tout cas jusqu'à
[9:18] un certain point assez récent n'était
[9:19] pas vraiment dirigé vers le capital
[9:21] risque. On encourage les petites boîtes
[9:23] à se former et à grossir. Qu'est-ce qui
[9:26] fait que du coup on peut continuer à à
[9:29] faire émerger cet écosystème plus fort
[9:31] encore aujourd'hui ? Parce que je pense
[9:33] qu'on est quand même dans une bonne
[9:34] dynamique mais voilà. Qu'est-ce qui fait
[9:35] qu'on peut qu'on peut continuer à
[9:37] grandir ? Je pense que la traction la
[9:39] traction n'a pas de frontière d'une
[9:40] certaine manière. Donc c'est même si le
[9:42] l'écosystème de capital risque est pas
[9:44] parfait, ça t'empêche pas d'aller aussi
[9:46] chercher en dehors de la France du de
[9:48] ces investissements. C'est ça serait
[9:51] mieux si ça venait de de la France, mais
[9:52] c'est pas non plus problématique que ces
[9:54] investissements viennent de l'extérieur
[9:55] aussi. Donc je pense que si tu crées un
[9:59] projet et que tu tu arrives à planter
[10:00] des graines et que ça a l'air de
[10:01] fonctionner, tu auras aucun problème à
[10:03] aller lever de l'argent à Paris ou
[10:06] peut-être ailleurs. Et c'est pas si
[10:07] grave que ça.
[10:08] Puis ça s'est quand même beaucoup
[10:09] amélioré par rapport à ce que c'était il
[10:11] y a il y a 10 ans. He faut pas faut se
[10:12] rappeler. Donc c'est pas encore parfait
[10:14] mais ça s'est amélioré et je pense que
[10:16] ce qui manque encore mais quelque part
[10:18] les premiers sont en train de paver la
[10:19] voix c'est la suite de l'histoire et
[10:21] souvent là où l'argent manque c'est
[10:22] plutôt dans les phases plus tard. Tit
[10:25] personnel, moi ce que je trouve un peu
[10:26] dommage, c'est si la seule sortie, c'est
[10:28] de se faire acheter par un américain. En
[10:30] tant que citoyen, je trouve ça un peu
[10:31] dommage. En tant qu'entrepreneur, c'est
[10:33] très bien, mais en tant que citoyen,
[10:34] c'est un peu différent. Et ce qui nous
[10:36] manque, c'est plutôt le marché de bah la
[10:38] bourse qui ne permet pas aujourd'hui
[10:39] d'accueillir des acteurs tech. Ça c'est
[10:41] dommage. Alors, pour quelle raison ? Je
[10:43] dépasserai mon expertise ? Mais en tout
[10:45] cas, il y a des questions qui se posent.
[10:47] Une fois qu'on a créé un gros champion,
[10:48] comment on lui rend son financement
[10:50] possible et comment on le fait vivre ?
[10:51] Et c'est plutôt ces étapes de fin de
[10:53] financement qui qui manque, mais aussi
[10:55] parce que les premiers sont en train d'y
[10:56] arriver quoi. On voit les les plus gros
[10:58] acteurs de la Frenchsteck qui arrivent
[10:59] et qui sont en train de paver la voix.
[11:00] Euh j'espère pour les suivant.
[11:04] [musique]
[11:06] Je vous propose de parler justement ben
[11:08] de ce qui est un peu incontournable
[11:09] aujourd'hui qui est au menu de toutes
[11:13] les discussions. C'est Lia. Lia a changé
[11:16] nos vies depuis on va dire 4 ans déjà.
[11:19] ça passe. Elle se retrouve bah dans la
[11:21] manière dont on interagit à titre
[11:23] personnel mais aussi à titre
[11:25] professionnel. Et je vais peut-être
[11:26] commencer par toi Stéphanie puisque tu
[11:29] nous as dit que tu avais cette casquette
[11:32] un peu corporate de ton ancienne vie
[11:34] chez chez Orange. Comment de ce que tu
[11:37] en sais comment ça se propage un peu
[11:39] dans ces grands groupes Lia aujourd'hui
[11:41] ? Est-ce qu'il suffit de de mettre un
[11:45] chief AI officer et de dire bon c'est
[11:47] bon ? Qu'est-ce que ça suppose
[11:49] aujourd'hui ?
[11:49] Je crois que les grands groupes
[11:51] notamment en Europe, ils ont pas encore
[11:53] pris la mesure de ce qui était en train
[11:55] de se passer aux États-Unis
[11:57] en Chine et qu'on est beaucoup trop
[12:00] poussif. Là, moi si j'ai un message à
[12:01] faire passer à tous ceux qui vont qui
[12:03] nous écoutent, hein.
[12:07] Et c'est ce que je dis à tous nos
[12:09] partenaires, c'est allez-y, traînez pas
[12:12] et investissez et essayez et travailler
[12:15] avec des start-ups parce qu'on a besoin
[12:17] en Europe de faire jouer la commande
[12:19] privée publique. Donc arrêtez de nous
[12:21] dire que c'est interdit chez vous, qu'il
[12:24] faut le faire en interne parce que ça
[12:25] j'entends encore ce discours des des
[12:28] corpau qui t'expliquent "Ah non mais moi
[12:29] j'ai interdit chat GPT dans mon
[12:31] entreprise. Ouais mais tes
[12:33] collaborateurs ils font quoi ?" Et ben
[12:34] ils s'en servent et c'est encore pire.
[12:35] Ils sont pas dans un environnement
[12:36] sécurisé.
[12:38] Donc le vraiment allez-y. Aujourd'hui on
[12:42] a des gains de productivité de 30 40 50
[12:45] %. Je pense que c'est voir plus hein.
[12:49] Par contre, il faut le faire avec des
[12:50] solutions sécurisées avec ces données.
[12:52] Ça tombe bien, c'est ce que tu fais. Euh
[12:55] et cette vague, elle est c'est une lame
[12:57] de fond. Et d'ailleurs, même des des
[12:59] sociétés comme vous, quand tu vois les
[13:01] pur players qui arrivent dans le
[13:02] paiement aujourd'hui aux États-Unis
[13:03] comme des rampes, bah pour vous Stripe
[13:06] aussi, il faut ça vous remet en cause.
[13:09] Mais c'est bien, c'est ça qui est
[13:09] génial.
[13:10] C'est tant mieux qu'on est investisseur
[13:11] chez Ramp. [rires] OK. Bah
[13:13] ça, tu vois, ça c'est une super bonne
[13:15] pratique que les grands groupes corpos
[13:18] ne font pas assez. Déjà, il faut qu'il
[13:20] travaille avec des start-ups et en
[13:22] particulier dans l'IA là, mais c'est à
[13:24] marche forcée, il faut y aller. Euh et
[13:27] en plus, s'ils investissent dans ces
[13:29] start-ups, bah ils capturent la création
[13:30] de valeur des synergies commerciales
[13:32] qu'ils amènent. Et ça aujourd'hui ce
[13:34] réflexe tu l'as très peu. Alors si tu as
[13:35] des grands groupes qui vont faire des
[13:36] fonds de corporate adventure mais en
[13:38] fait ça ça vit pas assez longtemps parce
[13:41] que tu sais si une société elle va être
[13:43] viable ou pas au bout de 2 3 ans et il
[13:45] faut 5 10 ans pour faire une très belle
[13:47] société. Donc généralement ça passe pas
[13:50] la rotation du nouveau patron de la
[13:52] société qui arrive qui dit mais c'est
[13:54] quoi là ? Vous avez investi dans des
[13:55] start-up ? Arrêtez tout de suite. Donc
[13:57] il faut de la constance mais sur l'IA
[13:59] non seulement il faut de la constance
[14:01] mais il faut un sentiment d'urgence. Ça
[14:03] répond bien, je pense à ce que tu fais
[14:05] chez Dust. Enfin, ce que vous faites
[14:06] chez Dust, il y a que moi [rires]
[14:10] avec L avec L peut-être. Non, mais
[14:13] justement, vous faites des agents au
[14:15] service des entreprises pour améliorer
[14:17] leur productivité, leur workflow puis
[14:19] réduire tout ce qui est manuel. Est-ce
[14:21] que tu peux peut-être nous parler de
[14:23] quelques cas d'usage un peu un peu clé
[14:26] des entreprises qui vous utilisent ?
[14:28] Ça sert à quoi en fait aujourd'hui ? Ben
[14:29] le l'usage a vachement évolué parce
[14:31] qu'en fait il évolue avec le le avec les
[14:33] capabilités des modèles. C'est-à-dire
[14:34] que ce qu'on pouvait faire avec un agent
[14:37] ou un modèle, on l'appelle comme on
[14:38] veut, il y a ne serait-ce que il y a 2
[14:40] ans euh est très différent de ce qu'on
[14:42] peut faire euh aujourd'hui et c'est est
[14:45] très différent aussi de ce qu'on pourra
[14:46] faire euh demain. Donc en fait, c'est
[14:47] vraiment un moving target et c'est ça
[14:50] qui est intéressant, c'est de réussir à
[14:51] faire un produit qui s'adapte à ce à
[14:53] cette technologie qui change et un
[14:55] produit qui aide nos utilisateurs à
[14:57] s'adapter aussi à cette technologie qui
[14:59] change. Donc il y a 2 ans, les gens
[15:02] c'était la la grande époque de Glen, les
[15:04] gens aimaient bien poser des questions,
[15:05] avoir des réponses. Donc c'était de la
[15:08] c'était vraiment du Q&A et ça ça se
[15:10] limitait presque à ça. C'était la grande
[15:13] époque du rag et cetera. et euh avec
[15:16] l'émergence de modèles qui ont été
[15:18] posttraînés, enfin entraînés pour euh
[15:20] princi,
[15:22] les capacités qu'on appelle agentique se
[15:25] sont un peu éveillé euh et euh
[15:28] aujourd'hui les calusages sont beaucoup
[15:29] plus euh complexes. Par exemple, euh
[15:32] c'est euh on passe de poser juste une
[15:34] question pour avoir une réponse rapide.
[15:35] Quelle est ma policie de vacances dans
[15:37] mon entreprise ? A fait-moi une étude de
[15:39] marché sur l'ensemble des concurrents
[15:41] sur ce segment de produits sur internet
[15:43] et pingois dans 45 minutes quand tu
[15:45] auras fini. Et le modèle part ou l'agent
[15:47] part pour 45 minutes de travail et
[15:50] permet de d'avoir ses réponses un peu
[15:51] plus poussées. Et enfin la avec
[15:53] l'émergence de là c'est même pas une
[15:56] émergence des modèles, enfin c'est les
[15:57] deux sont liés, c'est du du protocole
[15:59] MCP donc qui est un peu une
[16:00] standardisation de la manière dont les
[16:01] les agents peuvent parler à des API qui
[16:04] pr qui existent. Euh, on est vraiment
[16:06] aujourd'hui dans la phase où on passe
[16:07] plutôt dans le dans l'action, donc dans
[16:09] le fait d'aller écrire des docs, d'aller
[16:11] des spreadsheets, d'aller mettre à jour
[16:14] des CRM.
[16:15] Alors, nous pour le coup, tous nos
[16:17] reports sont automatisés par des agents.
[16:20] On récupère les données directement, bah
[16:21] quand on suit une quarantaine de
[16:23] sociétés, tu vois, ça peut être vite
[16:26] très consommateur de temps. Et ça, on a
[16:28] dès le départ une équipe tech chez One
[16:30] Drag qui maintenant fait de l'IA et met
[16:33] de l'IA partout dès qu'on peut.
[16:35] pour que nous on puisse passer plus de
[16:37] temps avec nos entrepreneurs et nos
[16:38] investisseurs et nos partenaires plutôt
[16:40] que de faire de l'admin. C'est très
[16:41] c'est très admin fond investissement.
[16:44] Donc plus tu peux automatiser mais ça
[16:45] c'est génial quoi. Moi je je pense qu'on
[16:47] a gagné 40 % de productivité en un an.
[16:50] Est-ce que ça ça t'a rendu meilleur
[16:52] investisseur ? Le fait d'être exposé à
[16:54] l'usage, tu en parlais tout à l'heure
[16:55] par rapport au grands groupes, le fait
[16:56] d'incorporer ses agents, est-ce que ça
[16:58] te donne une coloration dans tes tests
[16:59] d'investissement, dans ta manière de
[17:01] d'évaluer les start-ups puisque tu tu
[17:05] appliques ce que tu prêches quelque part
[17:07] de cette manière ? Oui. Alors, on était
[17:09] déjà bon investisseur avant et on va le
[17:10] rester parce que en fait, il y a quelque
[17:12] chose qui est le plus complexe quand tu
[17:15] investis en amorçage série A, hein, je
[17:17] te parle pas des tours de grosses, c'est
[17:19] qu'en fait tu investis sur des équipes,
[17:21] tu investis sur des fondateurs, tu
[17:23] investis sur une dynamique entre
[17:25] fondateurs. Et ça, pour l'instant, on n'
[17:28] pas encore trouvé la méthode pour le le
[17:32] rendre prédictif. tu peux dire
[17:35] j'applique des stats et justement ces
[17:37] stats elles vont refaire des biaiss. Et
[17:39] moi je vois les pour la plupart les plus
[17:42] beau succès qu'on a eu d'entreprise
[17:45] si on l'avait passé à la moulinette du
[17:47] Nia, je suis pas sûre que elle nous
[17:49] aurait dit que c'était les bons
[17:52] fonctionnalités de fondateur entre eux
[17:54] quoi. Donc c'est c'est ce qui est un
[17:55] petit peu rassurant, c'est que justement
[17:58] ce temps à passer très humain qui va
[18:01] rester, c'est que je pense que Lia, elle
[18:03] nous donne l'occasion des d'exceller
[18:07] encore plus dans ce qui fait notre
[18:08] singularité humaine, c'est-à-dire notre
[18:12] capacité à à être intuitif,
[18:16] la capacité à gérer des relations, créer
[18:19] des des dynamiques, sentir les choses.
[18:21] Je trouve ce qui est particulièrement
[18:23] vrai dans ce que tu dis, c'est que et on
[18:25] le voit hein chez nous, chez Stripe,
[18:26] c'est que Lia, elle démultiplie un
[18:29] potentiel de départ. Elle démultiplie,
[18:31] tu vois, quelqu'un qui va avoir des
[18:32] bonnes ou des capacités un peu moins
[18:33] bonnes. Tu tu vas avoir quelqu'un de
[18:35] très bon en fait, il va être allez 100
[18:38] fois plus productif parce qu'il avait
[18:39] déjà cette capacité, ce talent là. Grâce
[18:42] à l'IA, ça va aller beaucoup plus vite.
[18:44] Mais si tu as quelqu'un à la base qui
[18:46] est pas forcément très bon, qui a pas
[18:47] les bonnes intuitions ou voilà qui fait
[18:49] un peu des erreurs, bah ça va aussi
[18:51] démultiplier ça. Donc tu as un blast
[18:52] traduce après qui peut aussi faire
[18:54] quelques dégâts. Et donc c'est là où je
[18:56] pense que c'est intéressant à la fois
[18:57] pour les entrepreneurs et pour les
[18:59] investisseurs de bah de encore plus en
[19:02] fait miser sur la densité de talent dans
[19:04] ton entreprise quoi. C'est hyper
[19:06] compliqué parce que euh en effet comme
[19:07] tu disais, le blastraduste euh de de
[19:10] d'un groupe de personnes qui euh
[19:12] médiocre, armé d'agents est beaucoup
[19:15] plus gros
[19:16] et donc euh par ce raisonnement
[19:17] infaillible euh tu es obligé de
[19:19] d'augmenter de manière drastique ta
[19:21] densité de talent puisque euh tu es
[19:23] vraiment tu tu es en train de transmetre
[19:25] toutes les fonctions d'un mode de juste
[19:28] je fais la tâche à un mode où je
[19:30] construis le système qui va permettre de
[19:32] faire la tâche. Et donc ça ça demande en
[19:34] général une densité de talent la plus
[19:36] forte possible. Et ça ça interroge de
[19:38] manière profonde sur la question des
[19:42] jeunes parce que nous on voit notre le
[19:45] métier de développeur a été complètement
[19:47] transformé sur ces sur ces trois
[19:49] derniers mois et
[19:52] c'est vrai qu'aujourd'hui la les
[19:53] qualités nécessaires pour être un bon
[19:55] développeur par rapport à un mauvais
[19:57] développeur, c'est des qualités qui
[19:58] viennent avec bah beaucoup d'expériences
[20:00] qui ont été acquises ces dernières
[20:02] années à faire à le faire nous-même. Et
[20:03] donc les jeunes, c'est une vraie
[20:05] question de comment est-ce qu'ils vont
[20:06] acquérir cette expérience quoi.
[20:07] Ouais mais d'ailleurs, enfin je rebondis
[20:09] parce que je je suis récemment partie en
[20:10] congé maternité pendant 5 mois et quand
[20:14] je suis revenue à mon rôle de product
[20:16] lead du coup en fait ouais mon métier a
[20:19] changé et tu vois je suis revenue il y
[20:21] avait tous les agents qui avaient été
[20:22] adoptés en interne on a maintenant la
[20:24] possibilité de nous-même créer des
[20:25] agents de prototyper beaucoup plus
[20:27] facilement des idées. Tu vois, en une
[20:30] heure, tu peux prototyper un truc qui
[20:32] était dans ta tête côté produit avant,
[20:33] mais où tu avais peut-être besoin d'un
[20:35] peu d'aide d'un ou deux ingés pour pour
[20:37] la la faire vivre. Et en fait
[20:39] aujourd'hui, le jus de cerveau, tu peux
[20:41] vraiment le faire vivre beaucoup plus
[20:43] vite avec ces agents qui vont t'aider à
[20:46] tu vois, à valider si c'est une bonne ou
[20:47] une mauvaise idée et cetera. Ce qui peut
[20:49] poser des questions d'ailleurs parce que
[20:50] tu peux avoir le bia d'avoir de pouvoir
[20:51] tout faire et de faire des choses qui
[20:53] n'en valaient pas la peine. Parfois le
[20:55] quelque part le le goulot d'étranglement
[20:57] t'obligeait à prioriser et puis parfois
[20:59] il y a des choses que tu ne faisais
[21:00] finalement jamais et peut-être que
[21:01] c'était mieux et du coup ça peut poser
[21:03] d'autres questions de de cette capacité
[21:05] à tout faire. Faut-il tout faire ?
[21:08] Pour [grognement] citer un philosophe
[21:08] célèbre avec de grands pouvoirs viennent
[21:10] de grandes responsabilités. Euh, est-ce
[21:12] que tu peux nous en dire un peu plus sur
[21:13] Wika et la manière dont vous qui êtes né
[21:16] après Chat GPT, il y a un peu un avant
[21:17] et un après ? On est né avant.
[21:19] Euh voilà. [rires]
[21:22] Ah si 2015, c'était ça démarré.
[21:24] Ah oui, c'est ah merci.
[21:25] Bah euh tu es la meilleure personne pour
[21:27] nous dire à quelle date
[21:30] tout est en 2019 euh et chatt 2020 fin
[21:34] 2022. Mais le laboratoire de Samaltan
[21:37] toi il démarrait open 2015 2016 né après
[21:43] Open AI mais avant
[21:45] oui quand même
[21:46] euh chat piti c'est quand même un peu le
[21:49] juge de paix hein [rires] euh comment
[21:51] une entreprise comme Mikaza intègre LIA
[21:54] aujourd'hui est-ce que tu peux nous dire
[21:55] à quel point ça a changé vos opérations
[21:58] et les effets j'imagine positifs que ça
[22:00] a eu
[22:00] peut-être un des endroits les plus
[22:01] évidents où on a commencé depuis tr
[22:03] depuis le début de chat GPT
[22:05] c'est au niveau du support client euh où
[22:08] aujourd'hui on a plus de 60 % d'é
[22:09] tickets qui sont résolus par IA et on a
[22:12] vraiment vu la progression qu'il a eu
[22:14] dans les dernières années. C'est-à-dire
[22:15] qu'au début c'était bien dans 80 % des
[22:18] cas mais en fait c'est pas beaucoup 80.
[22:20] Donc quand tu as 20 % des cas où c'est
[22:21] pas bien et parfois c'était vraiment pas
[22:22] bien. Et puis maintenant avec la
[22:24] possibilité de le connecter aux outils,
[22:26] à nos outils internes, ça amène une
[22:27] qualité de réponse qui devient assez
[22:28] bluffante.
[22:29] Via Dust du coup ? [grognement] Non, via
[22:31] euh Intercom Fin en l'occurrence euh
[22:33] [rires] via d'autres outils pour ça.
[22:34] Ah non, on fait pas les use case externe
[22:36] justement mais ils sont des euros de
[22:38] Dust donc
[22:39] ce n'est [rires] pas c'est pas dans le
[22:40] voilà c'est pas un concurrent de Dust
[22:41] pour le coup euh comme
[22:43] là tu nous as parlé un peu j'allais dire
[22:44] de la bordure extérieure de l'interface
[22:47] avec tes clients. Est-ce que tu peux
[22:50] aussi nous en dire un peu plus sur la
[22:51] produre intérieure, c'est la capacité de
[22:54] tes salariés à utiliser que soit pour du
[22:56] créer du produit ou alors pour échanger
[22:59] être pas en stylo et collaborer sur des
[23:01] problématiques qui sont un peu complexes
[23:03] ou là où peut-être dust son mot à dire
[23:05] j'imagine.
[23:06] Oui bien sûr. Alors après, je trouve que
[23:07] dans enfin
[23:09] je trouve sur l'I en tout cas pour nous
[23:10] qui sommes pas une société IA centrique,
[23:12] on va dire c'est un outil pour nous pour
[23:14] bien travailler, toute la question c'est
[23:15] de réussir à faire la part des choses
[23:17] entre les dernières tendances, les
[23:18] dernières modes et ce qui va survivre et
[23:20] de réussir à savoir où est-ce qu'on met
[23:21] nos investissements ou pas. ça va très
[23:23] très vite et donc on a vocation à bien
[23:26] l'utiliser mais pas forcément à être les
[23:27] tout premiers à tout tester. Euh et
[23:31] clairement ce qui a fait la différence
[23:32] alors dust en fait partie hein, c'est
[23:33] donc on est client dust heureux et c'est
[23:36] vraiment le moment où on connaît qu'il
[23:37] cli à nos nos données internes. Et c'est
[23:40] là où je trouve que le potentiel plein
[23:42] apparaît avec vraiment cette capacité de
[23:46] changer des process métiers, de mieux
[23:47] interroger nos données et notre capacité
[23:50] finalement à ne plus laisser une
[23:52] question non répondue. Je pense que
[23:53] parfois on pouvait avoir des questions
[23:54] auxquelles finalement on allait pas
[23:55] répondre parce que ben faute de temps de
[23:57] bande passante des équipes. Et là avec
[23:59] Lia, on va pouvoir aller répondre à
[24:01] toutes les questions. La vitesse de
[24:03] production des fitures, tu vas t'en
[24:04] parler tout à l'heure. Donc une idée
[24:06] produit, on va pouvoir la la tester
[24:07] beaucoup plus vite. Donc ça va changer
[24:09] notre vitesse et en même temps ça pose
[24:12] aussi beaucoup de questions de manager
[24:14] son IA. Donc moi je l'appelle mon
[24:16] stagiaire. Moi je trouve que c'est comme
[24:17] une armée de stagiaire. C'est-à-dire que
[24:19] ça produit beaucoup. C'est très assertif
[24:22] donc c'est-à-dire qu'il est convaincu
[24:23] d'avoir trouvé la bonne réponse et ça se
[24:24] trompe quand même assez souvent. Et donc
[24:27] ça demande beaucoup d'intelligence et de
[24:30] distance aussi pour pas se faire piéger
[24:31] par la Lia qui te dit j'ai trouvé la
[24:33] réponse c'est ça et en fait non. Et
[24:35] c'est pas parce qu'elle s'est trompée,
[24:36] c'est parce qu'elle a pas vu un aspect.
[24:37] c'est parce qu'on lui a pas donné un
[24:38] contexte et cetera. C'est ce qu'elle
[24:41] fait est juste avec les infos qu'elle a.
[24:43] Et c'est là où je trouve qu'il y a tout
[24:44] un travail d'acculturation, de formation
[24:46] des équipes à savoir comment l'utiliser
[24:48] et pas se faire piéger. Et je suis le
[24:49] premier à m'être fait piéger en plus.
[24:50] Donc j'en parle aisément à avoir pris
[24:53] une conclusion IA comme une certitude et
[24:55] en fait me rendre compte qu'elle s'était
[24:56] plantée et j'aurais dû vérifier. Et donc
[24:58] je trouve voilà, il y a tout ce travail
[24:59] de dire comment on s'accélère mais en
[25:01] fait ça ne remplace pas aujourd'hui en
[25:04] tout cas le travail avant et après en
[25:06] fait. Je trouve c'est de bien réfléchir
[25:08] avant à de quoi tu as besoin. Lia te
[25:10] fait une partie et la fin le dernier
[25:12] kilomètre il c'est à toi de le faire
[25:13] pour que ça devienne vraiment quelque
[25:14] chose de bien. Si tu es juste entre
[25:17] guillemets feignant, tu mets, tu prends.
[25:19] Aujourd'hui en tout cas, ce sera pas
[25:20] forcément
[25:22] [musique] efficace.
[25:26] Et du coup, justement, je suis curieuse
[25:27] de savoir bah à quel moment en fait vous
[25:30] vous êtes dit c'est le bon moment de
[25:32] passer à l'international, de sortir de
[25:34] notre marché d'origine parce
[25:35] qu'aujourd'hui vous êtes présent entre
[25:37] autres en Angleterre, en Allemagne et
[25:38] cetera.
[25:39] Qu'est-ce qui a créé ce moment qui était
[25:42] le bon pour partir à l'étranger ? Bah
[25:44] déjà, c'était notre intention de départ
[25:46] en fait quand on créait l'entreprise, on
[25:47] voulait créer une entreprise
[25:48] internationale. Auparavant, on a enfin
[25:50] mes associés que j'avais rejoint avaient
[25:51] créé une startup qui était un bel acteur
[25:54] français et dans un secteur qui était
[25:55] dur à internationaliser. Et donc dans
[25:57] l'ambition de départ du jour 1, c'est
[25:59] pour ça qu'on l'appelle Wika dès le jour
[26:00] 1, il y avait cette ambition
[26:01] internationale euh bon qui a pris un peu
[26:04] de temps avant de réaliser. Pour
[26:05] l'anecdote, on s'était dit qu'on allait
[26:07] y aller en mars 2020.
[26:09] [rires]
[26:10] le nez.
[26:10] Bizarrement, ça s'est pas passé comme
[26:12] ça. Donc on a dû décaler un petit peu
[26:14] l'international,
[26:16] mais on avait dès le début cet ADN et en
[26:18] fait, on a un service B2C, donc le fait
[26:20] de pouvoir réserver un prestataire de
[26:22] service à domicile qui par nature est
[26:25] très internationale. La merveille de la
[26:27] poussière, c'est qu'elle est
[26:27] universelle. Il y en a partout. Donc les
[26:29] gens ont les mêmes besoins dans tous les
[26:30] pays, dans tous les dans toutes les
[26:32] géographies. On est déjà en France
[26:35] vraiment présent sur quasiment tout le
[26:36] territoire et ça marche aussi bien dans
[26:38] la banlieu de de Montluon qu'à Paris.
[26:40] Donc c'est pas du tout un service
[26:42] parisien comme on peut l'imaginer. Et
[26:45] c'est la même chose à l'international.
[26:47] Il y a ses besoins et du coup on a lancé
[26:49] effectivement l'Angleterre en 2021 qui
[26:52] était le premier step. Donc
[26:55] le pays était réputé, exigeant,
[26:56] difficile. Donc on s'est dit on va
[26:57] prendre le pays difficile en premier. Et
[26:59] après on a pris le deuxième difficile
[27:00] qui était l'Allemagne aussi donc l'année
[27:03] dernière. Et c'était hyper intéressant
[27:05] comme aventure même d'un point de vue
[27:08] énergie entrepreneuriale en interne,
[27:10] c'est quelque chose qui est très
[27:11] apprécié, qui est qui est très motivant
[27:13] pour pour les équipes et avec une
[27:16] particularité qu'on a eu nous dans notre
[27:17] aventure, c'était de le faire depuis
[27:19] Paris exclusivement. Donc c'est-à-dire
[27:20] que notre service étant par nature à
[27:23] distance et gérable de manière
[27:25] distantielle, on a pu opérer tout depuis
[27:28] Paris donc sans avoir de bureaux locaux
[27:30] ou d'équipes locaux. Donc on a des des
[27:32] anglophones, des germanophones à Paris
[27:34] pour gérer ces marchés là, mais de
[27:35] manière centralisée, ce qui rend
[27:38] finalement la marge de l'international
[27:39] beaucoup plus accessible aussi pour une
[27:41] entreprise que lorsque tu dois emboucher
[27:43] sur place.
[27:43] OK. Et du coup le bon moment, est-ce que
[27:44] ça a été on est suffisamment mature pour
[27:46] enfin en France, tu vois ou alors on a
[27:49] peut-être d'autres painp à aller moment
[27:51] c'est quand tu as l'énergie pour y
[27:52] aller. Je sais pas si je pense que
[27:55] si tu attends d'être mature, tu vas
[27:56] jamais en fait. Et et je trouve qu'il y
[27:58] a quelque chose qui est aussi difficile,
[27:59] c'est que si tu es trop mature, le
[28:01] moment où tu vas, ça sera forcément un
[28:02] business tout petit par rapport à ton
[28:03] business principal. Donc l'entropie va
[28:06] naturellement te ramener vers ton
[28:07] business central. Et ce qui est dur
[28:09] quand tu commences à avoir une certaine
[28:10] taille, c'est de faire vivre un autre
[28:12] business qui par nature est forcément
[28:13] plus beaucoup plus petit. Donc tu vas
[28:15] comparer enfin je sais pas, un nouveau
[28:17] pays va faire en en un mois ce que le
[28:19] pays originel fait en 4 heures, tu vois.
[28:22] Donc en fait naturellement l'énergie de
[28:23] l'équipe peut être ramenée vers le pays
[28:25] principal. Et donc je pense que
[28:27] l'international, il faut y aller assez
[28:28] vite pour cranter une culture, une façon
[28:31] de réfléchir et cetera qui a été un gros
[28:32] changement pour nous en 2021 mais qui
[28:34] fait que maintenant chaque service se
[28:37] pose systématiquement la question de
[28:38] comment on fait dans les différents
[28:39] pays. Et je pense que si tu le fais
[28:41] tard, c'est beaucoup plus difficile.
[28:42] Donc après quel est le bon timing, je
[28:43] sais pas, je prétends pas avoir le
[28:44] parfait mais je pense qu'il vaut mieux
[28:47] pas trop attendre.
[28:47] Non, je partage totalement. Enfin, nous
[28:49] quand on on investit très tôt, on veut
[28:52] investir que sur des sociétés, des
[28:54] entrepreneurs qui dès le départ pensent
[28:56] international, même si peut-être qu'il
[28:58] démarrent sur un marché comme la France,
[29:00] mais que dès le départ, ils ont cet ADN
[29:03] et ils puissent se dire "Je vais
[29:05] construire un leader international."
[29:07] Alors, je pense que dans les années qui
[29:08] viennent, on va beaucoup plus raisonner
[29:10] par zones euh je dirais géographique,
[29:14] Europe,
[29:14] il y aura l'Europe,
[29:15] géopolitique
[29:16] euh géopolitique pour l'instant, il y
[29:18] aura l'Europe et puis on fait une
[29:19] entreprise sur le marché européen et on
[29:21] se fait racheter par un un acquéreur
[29:23] européen où on développe en Europe et
[29:26] puis il y aura les autres zones
[29:27] géographiques. Donc si on veut créer une
[29:28] société dans l'IA, il y a un moment où
[29:31] euh bah on n'est pas tout à fait sur le
[29:32] même marché quand on est aux US. Donc
[29:34] c'est vrai que nous on a tendance à
[29:35] regarder aussi des sociétés qui opèrent
[29:38] entre les États-Unis, l'Europe sur des
[29:42] sur de l'IA parce que voilà le le quand
[29:44] ça marche ça marche beaucoup plus fort
[29:46] aux US.
[29:48] Mais cette cet ADN internationale dès le
[29:50] départ pour moi, il fait vraiment la
[29:53] différence. Euh et finalement, il y a il
[29:55] y a peu d'entreprises ou de fondateurs
[29:57] qui qui dès le départ le long, hein,
[29:59] parce que ça ça veut dire aussi qu'à un
[30:00] moment le fondateur euh bah décide
[30:03] d'aller vivre dans un des pays dans
[30:05] lequel il développe, hein. Je sais pas
[30:06] si c'est ce que tu as choisi à Paris
[30:09] mais
[30:10] euh tu vois le pass le passage à
[30:13] l'échelle requiert souvent une que l'un
[30:16] des fondateurs aille s'installer dans le
[30:19] pays pour vraiment développer. Voilà
[30:21] ça je pense que c'est une je suis désolé
[30:22] je vais être agressif pas d'accord
[30:24] [rires]
[30:24] je pense que c'est une idée aussi
[30:25] d'investisseur
[30:27] tous les investisseurs disent ça mais
[30:29] tous tous tous tous tous tous tous tous
[30:30] tous et je pense que ça n'a pas de sens
[30:32] les meilleures boîtes n'ont pas vu leur
[30:33] fondateur bouger les Spotify les Eleven
[30:36] Labs les Lovable en fait quand ça marche
[30:39] ça marche.
[30:40] Je suis pas je suis pas sûr. Ça dépend
[30:42] des business dépend des business
[30:44] mais parce que nous on est on est sous
[30:45] une pression totale. On est nos
[30:47] investisseurs c'est Sekoya, c'est
[30:48] investment
[30:51] est-ce que vous arrivez ?
[30:52] On a prévu l'hôtel, on a prévu un
[30:54] quand est-ce que vous arrivez ?
[30:56] C'était ma question suivante et je pense
[30:57] que c'est plus la question suivante,
[31:00] c'est où est Gabriel ? Alors Gabri,
[31:02] [rires]
[31:03] c'est une question. Gabriel est en
[31:04] superposition quantique entre la France
[31:07] et les États-Unis.
[31:08] Ah [rires]
[31:09] tu vois ? Mais c'est parce que c'est
[31:11] pour faire plaisir à nos investisseurs,
[31:13] nos nos adorés investisseurs.
[31:15] Moi tu vois, j'ai j'ai plusieurs
[31:16] sociétés dans le portefeuille qui ont
[31:17] vraiment changé de dimension quand ils
[31:19] sont partis aux US. Je pense au tout
[31:20] début un Jellismac, ils sont ils ont mis
[31:22] leur voilà, je pens à un shotgun
[31:25] shotgun Groover, ils sont à New York en
[31:28] fait il y a pas de bonne réponse, il y a
[31:30] juste un moment
[31:31] mais être aux États-Unis et n'est pas ne
[31:33] veut pas dire être physiquement aux
[31:34] États-Unis, c'est ce que je ce que je
[31:36] veux dire. Ça on est ça oui mais en même
[31:38] temps si tu fais tu vois une société
[31:40] aujourd'hui je pense qu' c'est en train
[31:41] là je raisonne avec une pure casquette
[31:43] investisseur tu commences à financer des
[31:46] sociétés tech dans l'IA
[31:48] avec des des valorisations dignes des US
[31:53] sauf que à un moment ceux qui sont
[31:54] capables de racheter ou de consolider
[31:56] ils sont aux US et que
[31:59] quoi qu'on en dise l'environnement
[32:01] géopolitique fait que ça sera peut-être
[32:03] plus compliqué dans quelques années
[32:04] d'avoir une société incorporé en Europe,
[32:06] qui se revend un acteur américain ou
[32:08] vice-versa. Et ça c'est c'est plus des
[32:11] questions de rationnelles à un moment
[32:14] pour nous en tant que fondateur de se
[32:15] dire bah voilà, on est rentré dans une
[32:17] société qui dès le départ à la
[32:20] valorisation d'une société américaine,
[32:22] ses clients sont aux US, bah c'est
[32:24] peut-être plus rationnel qu'un des
[32:25] fondateurs soit déjà aux US. Mais là
[32:27] encore, il y a pas de il y a pas de
[32:29] recette magicale
[32:29] très US. Non, je sais pas si en Europe
[32:31] tu dirais exactement la même chose.
[32:32] Ah non, mais Europe pour moi l'Europe
[32:33] c'est le même terrain de jeu. C'est et
[32:35] puis le 28e régime voilà ça c'est
[32:37] quelque chose sur lequel on s'est bien
[32:38] battu avec France digitale. J'espère que
[32:40] ça va nous permettre d'accélérer et
[32:42] d'avoir un un terrain de jeu unifié.
[32:44] Enfin ça c'est génial
[32:46] parce que moi pour aller dans le sens de
[32:46] ce que tu dis, je trouve que
[32:49] presque l'international peut être plus
[32:50] facile qu'on l'imagine. En tout cas, je
[32:52] pense que tuas tu as raison. Mais il
[32:53] faut faut vraiment y aller. Et de toute
[32:55] façon le terrain de jeu c'est l'Europe.
[32:56] Si tu veux créer une grande entreprise,
[32:58] c'est forcément au moins au niveau
[32:59] européen sinon sinon américain. Mais et
[33:02] donc faut assez vite aller en Europe et
[33:05] que finalement en tout cas nous dans
[33:07] notre cas, on peut trouver des moyens de
[33:08] le faire qui soient moins complexes que
[33:10] ce qu'on peut se donner de prime à bord
[33:11] et que c'est hyper excitant comme projet
[33:13] je trouve de faire international. Mais
[33:14] toi ça ça marche très très bien. Je
[33:15] pense le PL opérant depuis euh
[33:19] la France avec des talents
[33:20] internationaux et LIA accélère ça parce
[33:22] que ça rend
[33:23] la traduction la la spécification
[33:27] encore plus simple. Mais
[33:28] j'ai envie de vous réconcilier.
[33:30] [rires]
[33:31] J'entends plusieurs choses. Déjà tu as
[33:32] dit la poussière est partout.
[33:34] Ouais
[33:34] ça c'est vrai.
[33:34] Et Dust qu'est-ce que ça veut dire en
[33:36] anglais [rires] ?
[33:37] Ça veut dire la poussière.
[33:37] Il a le nom à ma place.
[33:38] Donc déjà ça veut dire que dust se
[33:40] répand. D'ailleurs,
[33:42] peut-être qu'il y a peut-être des John
[33:43] Venture à faire, je sais pas entre vous
[33:45] deux. [rires]
[33:46] Euh,
[33:46] il y a aussi, je pense, quelque chose
[33:47] que tu dis qui est implicite, c'est que
[33:49] tu vois, tu as un parcours qui est
[33:50] intimement lié aux États-Unis. C'est
[33:51] vrai, [raclement de gorge]
[33:52] tu as étudié là-bas euh tu as travaillé
[33:54] là-bas
[33:55] chez Stripe.
[33:56] Chez Stripe. C'est Open alors c'était
[33:58] entre les deux, j'imagine de géographie
[33:59] chez Stripe toi au début. Mais
[34:00] bien,
[34:01] j'ai fait toutes mes classes. Il y a il
[34:02] y a une anecdote, il y a une anecdote
[34:03] qu'on a pas encore cité, il faut
[34:05] absolument qu'on évite d'omettre, c'est
[34:08] que euh alors je veux vraiment pas euh
[34:12] comment dire révéler des choses, mais tu
[34:13] as créé une première boîte qui
[34:15] s'appelait totem.
[34:16] Tout à fait.
[34:17] Avec Gabriel. Gabriel. Alors, je te
[34:19] laisserai dire parce que je vois qu'on
[34:21] qu'est-ce que faisait totem ?
[34:22] On faisait principalement, on faisait
[34:24] après de nombreux pivots mais on faisait
[34:26] des analytiques sur Instagram.
[34:28] Voilà, donc c'est un long cheminement.
[34:30] Mais ce qui est intéressant aussi dans
[34:32] ça, c'est que Totem a été une des
[34:34] premières boîtes et une des rares boîtes
[34:36] d'ailleurs que Stripe a acquis. Euh et
[34:40] c'est comme ça pareil ce qu'on appelle
[34:42] un acquire que que tu as rejoint que tu
[34:45] as rejoint à l'aventure il y a très
[34:48] longtemps. Bah
[34:49] moins de 10 ans à prév
[34:52] ça a été un des premiers
[34:54] clients de Stripe avant même les 10 ans
[34:56] d'ailleurs.
[34:57] Euh donc il y avait les dates he il y a
[34:59] les dates et les dates. Mais ce qui est
[35:01] intéressant encore une fois, c'est que
[35:02] tu as cette vision en fait américaine
[35:04] qui culturellement peut-être que tu es
[35:06] plus américain même si tu es basé à
[35:08] Paris et c'est là où je te rejoins parce
[35:10] que être américain c'est avoir cette
[35:11] vision
[35:13] et cetera.
[35:14] En tant que français, on a un gros
[35:15] problème de complexe comparé aux
[35:16] Américains et donc quand on a tant qu'on
[35:18] a pas vu comment les Américains
[35:19] travaillent, on croit qu'ils sont
[35:21] géniaux. Nous, on a rejoint Stripe, on
[35:22] était on était mais fasciné par Stripe.
[35:25] On était des fan boys [rires] mais
[35:27] total.
[35:29] et on avait une offre de Pinterest et on
[35:31] s'est dit trop bien une offre de
[35:32] Pinterest qui c'est une boîte qui me
[35:33] fait rêver plus et c'était Stripe et on
[35:35] les connaissait un peu puisque on était
[35:36] en effet le premier client européen de
[35:38] Stripe. était le user numéro 1 Europe
[35:42] euh enfin premier client pardon premier
[35:43] chronologiquement
[35:45] [rires]
[35:46] peut-être
[35:47] à un moment forcément à un moment de
[35:49] bacto forcément pendant quelques
[35:50] secondes premiè [rires] vol aussi
[35:52] euh [grognement]
[35:54] bref et on s'est dit bah Stripe nous
[35:56] fait rêver donc on est on est rentré en
[35:58] contact avec les personnes qu'on
[35:59] rapidement on a rencontré John et
[36:00] Patrick et ils ont fait un processus
[36:02] très rapide qui s'est conclu par un nom
[36:04] de manière très très marrante et
[36:05] finalement ils ont décidé d'y aller
[36:07] quand même parce que parce que parce
[36:09] qu'ils avaient envie de tenter
[36:10] l'aventure et de prendre des risques
[36:11] même et donc avec une équipe étrangère
[36:12] parce qu'on avait une topco anglaise,
[36:13] c'était principal frein. Alors le fait
[36:15] de faire le deal c'était bah c'est notre
[36:17] première ou deuxième acquisition, on n
[36:20] jamais acquis de boîte européennes,
[36:21] c'est compliqué machin. Et finalement on
[36:23] s'est retrouvé chez Stripe pendant 5 ans
[36:24] de je crois qu'on était quand on argent
[36:27] on était 150 je crois donc c'était il y
[36:28] a
[36:30] 30 ans. Tu retourneraiis là
[36:32] malgré ce que te disent tes
[36:34] investisseurs aujourd'hui tu as
[36:36] Ah oui alors aujourd'hui d'un point de
[36:37] vue personnel j'aurais j'aurais beaucoup
[36:38] de plaisir à tourner mon fils c'est
[36:39] américain en plus donc il ça serait très
[36:41] bien qu'il y a passe un peu de temps.
[36:42] Euh après on a construit l'entreprise en
[36:44] France c'est une topco française. Le
[36:46] gros de la de l'incryp d'engineering est
[36:48] en France. Je pense que ça serait
[36:49] beaucoup plus disruptif pour d que moi
[36:51] je bouge à SF ça ferait tous les
[36:53] investisseurs feraient littéralement une
[36:56] d'honneur une ha à l'aéroport quand si
[36:58] c'était le cas. Euh mais je pense que ça
[37:00] serait ça serait une mauvaise décision
[37:02] pour pour Dust et le pour un peu concurr
[37:05] parce que c'est hyper intéressant. Oui,
[37:06] en effet, moi j'ai été plongé au donc ça
[37:08] me donne cette perspective de se dire
[37:09] euh de se dire bah en fait non, les
[37:12] Américains n'ont rien de spécial et on
[37:14] est aussi fort que et donc on peut les
[37:16] prendre depuis ici et c'est ce qu'on va
[37:17] faire. Euh ça il faut un peu l'avoir vu
[37:20] pour le croire un peu un peu et donc
[37:23] c'est vrai que ça ça met un cavat à mon
[37:25] propos. Tu l'es déjà en fait très
[37:27] maniqué très maniqué que j'ai eu
[37:29] quelques minutes avant. Euh et tout ça
[37:32] pour dire c'est nous c'est notre
[37:32] approche à la souveraineté. Notre vision
[37:34] de la souveraineté c'est pas de c'est
[37:35] pas de se replier sur l'Europe et de se
[37:37] replier sur la France en faisant on va
[37:38] faire une solution française pour les
[37:39] Français. C'est plutôt de se dire bah
[37:41] non on va faire une solution française
[37:42] qui va aller dégommer le marché global.
[37:44] Mais ça, on est, je te rassure hein,
[37:45] nous c'est que ça qu'on cherche.
[37:48] Mais mon propos, c'est dire qu'à un
[37:50] moment pour des entreprises quand on n
[37:52] pas eu ton parcours, changer de
[37:54] dimension, ça se fait quand on est on
[37:56] voit bah justement aux US, on voit que
[37:57] tout est possible.
[37:58] Ouais. Ouais. et peut-être juste sur la
[38:00] disponibilité des capitaux parce qu'en
[38:01] soit c'est parfois c'est un peu ça qui
[38:03] bloque ou qui ralentit peut-être en
[38:04] Europe. Est-ce que toi Stéphanie avec ta
[38:07] vision d'investisseur tu vois ce qu'on
[38:08] peut améliorer pour que les boîtes
[38:11] françaises ou européennes aient accès
[38:13] plus rapidement ? Là aujourd'hui j'ai tu
[38:15] vois j'ai une idée d'une boîte, je veux
[38:17] la monter je veux chercher des capitaux.
[38:19] Comment est-ce qu'on peut faire pour que
[38:21] ces gens-là ils puissent aller plus vite
[38:22] quoi ? Alors déjà par rapport à il y a
[38:23] 10 ans, le coût de démarrage d'une
[38:28] entreprise grâce à l'IA, grâce à tout ce
[38:30] qui est disponible a considérablement
[38:33] baissé. Donc en fait faire une
[38:34] entreprise au début euh bah c'est
[38:37] beaucoup plus efficace que ça l'était il
[38:38] y a 10 ans. Donc tu as pas besoin de
[38:40] beaucoup de capitaux pour pour démarrer.
[38:43] Je pense que le le principal frein que
[38:45] moi je vois au développement en Europe,
[38:47] c'est plus un frein qu'on peut se mettre
[38:50] en tant que fondateur.
[38:52] Et les pouvoirs publics te disent
[38:54] toujours ouais mais il y a pas assez de
[38:55] capitaux. Il y a pas assez de capitaux.
[38:56] OK. Bon voilà, il y a il y a un site qui
[38:59] vient de se faire sur de 1 milliard sur
[39:01] une valo de 3 milliard 5 grâce à Yen
[39:03] Lequin. Voilà donc et Alexis Lebrin.
[39:05] Donc Alexandre Lebrin pardon. Et on est
[39:07] on est sur voilà, on montre que ça y
[39:09] est, on peut faire des très très très
[39:10] grosses levées de fond mais c'est des
[39:11] projets d'infrastructure. Et ce qu'on a
[39:13] besoin, c'est d'avoir tout un tas
[39:16] d'épargnants qui se disent "Mais
[39:18] finalement, si je veux avoir une
[39:20] retraite demain, faut que je capitalise,
[39:23] faut que j'investisse en bourse, faut
[39:24] que j'investisse dans du non côté. Je
[39:27] commence très tôt parce que c'est aussi
[39:28] la force des États-Unis, hein, c'est que
[39:30] aujourd'hui
[39:32] les universités
[39:34] euh et ben elles ont elles déversent des
[39:37] milliards dans l'économie américaine
[39:38] pour financer des start-ups. Alors, il y
[39:40] a aussi la commande publique he qui est
[39:42] très importante, mais nous parfois on a
[39:44] tendance à vouloir faire les deux. On
[39:45] fait de la commande publique, on finance
[39:46] et je pense que chacun doit être dans
[39:47] son rôle. Il y a ceux qui font la
[39:49] commande publique puis il y a ceux qui
[39:51] qui financent. C'est quand c'est des
[39:52] capitaux qui viennent, des capitaux
[39:54] privés, peut-être que ils sont mieux
[39:55] utilisés aussi.
[39:58] [musique]
[40:01] Bon bah en tout cas l'addition c'est
[40:03] pour nous he quand même. C'est hyper
[40:05] sympa. [rires] C'est même pour toi.
[40:07] Allez
[40:09] la galantie là. [rires]
[40:11] J'ai oublié ma carte.
[40:13] Ah mais pas besoin tuas ton téléphone
[40:16] là. J'ai oublié mon téléphone. [rires]
[40:18] [souffle coupé]
[40:19] Non, en tout cas, c'était un plaisir de
[40:20] vous avoir peut-être avant de se
[40:21] quitter. Euh qu'est-ce qu'on peut vous
[40:24] souhaiter euh à tous les trois et
[40:26] individuellement pour euh pour les 10
[40:28] prochaines années et puis à l'écosystème
[40:29] français aussi ? Qu'est-ce qu'on peut se
[40:31] souhaiter ? Je pense que c'est plutô
[40:32] plutôt presque ou les COS d'avoir un
[40:35] état qui est prêt à pousser derrière
[40:36] pour pour mettre le paquet le paquet sur
[40:39] la technologie de manière générale. Il y
[40:41] a pas que l'IA, on en a pas parlé, on en
[40:43] parle pas en ce moment mais mécanique
[40:45] quantique, continue computing tout ça,
[40:47] il y a plein de choses à faire et donc
[40:48] de continuer à pousser pour que parce
[40:50] que c'est vrai que comme tu disais, la
[40:51] technologie est un peu le nerf de la
[40:54] guerre aujourd'hui.
[40:54] Ouais, la technologie c'est le pouvoir
[40:56] aujourd'hui. Ça l'a toujours été hein.
[40:58] Regarde le nucléaire avec de Gaulle.
[41:00] Voilà la force de dissuasion. Bah là
[41:02] c'est maintenant, on se rend compte
[41:03] qu'au quotidien, on a besoin d'avoir
[41:04] cette épine cette
[41:08] fondation numérique
[41:11] digitale, quantique innovante. Donc pour
[41:13] ça, faut pouvoir continuer à investir, à
[41:16] acheter. Euh donc ce qu'on nous
[41:20] souhaite, c'est que dans les 10
[41:20] prochaines années, on continue à penser
[41:23] qu'en Europe, on peut faire des leaders
[41:25] internationaux et qu'on peut créer de
[41:27] l'emploi, de la valeur, de la richesse
[41:30] par l'investissement dans l'innovation.
[41:32] Nous on est on est donc Wikaza, on crée
[41:34] énormément de travail et donc de on a
[41:37] enfin on a tu l'as dit plus de 20000
[41:39] professionnel qui gagne de l'argent
[41:40] grâce à nous chaque année. Donc c'est
[41:41] hyper impactant et c'est vraiment ce qui
[41:43] me rend le plus fier, c'est l'impact en
[41:44] terme de vie des gens et de travail
[41:46] concret. Et ce qu'on peut souhaiter
[41:48] c'est qu'on a justement la chance d'être
[41:49] dans un secteur finalement où il y a pas
[41:50] de gros américains et donc où on peut
[41:52] créer un leader européen depuis la
[41:54] France.
[41:55] Et donc voilà, je mon rêve c'est plutôt
[41:57] celui-ci et ce qu'on peut souhaiter dans
[41:58] 10 ans, c'est d'avoir réussi à créer un
[42:01] vrai leader européen français. Voilà,
[42:04] l'ADN français et de créer des leaders
[42:06] depuis la France et pas uniquement des
[42:08] belles entreprises qui se revendent à
[42:09] des Américains mais aussi des belles
[42:10] entreprises qui restent françaises et
[42:12] c'est peut-être ça que je peux nous
[42:13] souhaiter et qu'on soit pas les seuls.
[42:15] Génial.
[42:16] Et pour Wika et nous plus de poussière.
[42:18] [rires]
[42:19] Conclusion.
[42:20] Une belle conclusion. C'est le mot de la
[42:21] fin. Bon Stéphanie, Pierre et Stan.
[42:24] Merci beaucoup. C'est vraiment un
[42:25] plaisir de vous avoir.
[42:26] Merci beaucoup.
[42:26] Merci beaucoup. [musique]